28 août 2016

La valeur de l'argent



Cela fait des années que l'Homme et moi nous avons basculé du côté obscur des biens-portants. Depuis qu'il a un job en Suisse plus précisément. Nous sommes passés respectivement de fils de classes moyennes et de fille de RMIste/cotorep à la classe "on-ne-regarde-plus-les-prix-au-super-u".
Je pense que la question de l'argent en général est taboue en France mais elle me met également dans une situation désagréable en tant qu'ex-pauvre. Comme si être "riche" était un méfait. Puis, avec tout ça, il faut que j'arrive à inculquer la valeur de l'argent à mon fils pour qu'il ne pense pas que tout tombe toujours tout cuit dans l'assiette et que ça sera comme ça jusqu'à la fin de sa vie. Mais reprenons du début...

D'où je viens...

J'en ai quelques fois parlé ici-même: je ne suis pas née avec une cuillère en argent dans les fesses (la bouche? ah pardon...). Ma mère n'a jamais travaillé et touche depuis des décennies une allocation adulte handicapé "grâce"à ses problèmes psy et est sous tutelle. Ma grande sœur qui a été maman à 18 ans suit ses traces. Mon père a toujours vécu de petits boulots et de minimas sociaux qu'il "reversait" au bar du coin de la rue tous les soirs. Mes parents se sont séparés vers mes 3 ans, ma mère a vécu avec un mec du BTP jusqu'à mes 9 ans. A son départ du foyer, ma mère a pété un câble (ou bien l'inverse je ne me souviens pas) et a fini internée en hôpital psy et moi j'ai atterri chez mon ivrogne de père.
Autant te dire que les fins de mois ont toujours été difficiles. Je n'avais pas de nouveau cartable à chaque rentrée, ni de nouvelles fringues. Quand je pouvais en acheter c'était chez Kiabi et mes chaussures venaient de Gemo. Mon père revenait régulièrement des Restos du cœur ou du Secours catholique pour agrémenter nos assiettes. Il bidouillait le compteur EDF et nous ne sommes jamais partis en vacances nulle part.
A côté de ça, j'étais ravie d'avoir de nouvelles chaussures Gemo ou Chaussland! Ravie de porter des fringues Kiabi. Je ne connaissais que ça et ce n'est qu'au collège que j'ai compris que mes camarades ne s'habillaient pas chez Kiabi. J'ai connu les brimades parce que mes baskets n'étaient pas des Vans ou bien parce que mon pull sentait un peu le phoque (vu que mon père avait oublié d'aller à la laverie la semaine précédente).
Je me souviens de la fois où mon père m'a ramené un poste radio-cd avec télécommande. Je pense que c'est comme si aujourd'hui on m'offrait une voiture. Un poste radio-cd!!! Avec la télécommande!!! Je n'y croyais presque pas!
Cette enfance difficile (alors bon, la pauvreté matérielle n'a pas été la chose la plus difficile à vivre dans mon enfance. Je pense qu'une mère normale et aimante aurait facilement occulté ces tracas financiers) m'a permis de connaître la valeur d'un sou. Je n'ai jamais claqué mes premiers salaires dans les fringues ou autre plaisir matériel dispendieux et, encore aujourd'hui, j'ai gardé mes vieux réflexes de m'habiller et me chausser dans les grandes chaînes bon marché.
Mon Homme n'a jamais manqué de quoique ce soit mais a également appris a gérer son argent et à ne pas trop dépenser.


On l'on est aujourd'hui.

Bon alors je dis "riches" mais on ne se roule pas nus dans les billets de banque non plus hein. Si je disais à mon moi à 15 ans combien l'Homme et moi on gagne chaque mois, je crois que je me traiterais de "bourge". Je ne veux pas dire exactement ce chiffre mais disons qu'on pourrait nourrir quatre enfants de plus sans problème.
Alors oui, on est riches (enfin surtout mon Homme) mais on ne part pas en vacances à l'autre bout du monde tous les mois (ni même tous les ans...D'ailleurs on est allé qu'une seule fois aux Etats-Unis et c'était quand on était étudiants...), on n'a pas de voiture de sport, ni de salle de bains en marbre, on a même pas la clim dans l'appart bordel! Depuis cinq ans que mon Homme travaille en Suisse il met de côté pour notre achat immobilier ans pour autant se priver. Nos voitures sont neuves, mon fils n'a quasiment que des choses neuves pour jouer ou s'habiller, on part de temps en temps en vacances, on va au restau...On vit confortablement sans vivre au-dessus de nos moyens.

Apprendre la valeur d'un sou à son enfant.

Quand Junior est arrivé, on a pas franchement regarder à la dépense sans pour autant perdre nos habitudes d'anciens pauvres. On a acheté une chambre complète mais en Allemagne. On a acheté un trio poussette neuf, des milliers de fringues (la plupart chez Kiabi et Orchestra), un siège-auto à 500€. Aujourd'hui, on achète régulièrement des jouets à Junior sans raison particulière. Juste parce que ça nous fait plaisir.
Ayant vécu des "remarques" de gamins de classes supérieures (va savoir pourquoi, mon collège était entre deux quartiers: celui des belles maisons de chirurgiens dentistes et autres blouses blanches et celui des autres) je veux à tout prix que mon fils ne juge pas ses camarades sur les seuls signes externes de richesse. Qu'il comprenne que ce n'est pas parce que lui est allé à Eurodisney que tous ses camarades peuvent faire de même. Je ne veux pas qu'il choisisse sa petite copine parce qu'elle met des strings Guess (au secours!). Je ne veux pas qu'il nous réclame en beuglant qu'il veut une voiture à 16 ans. Je veux qu'il comprenne que la roue peut tourner, qu'il faut travailler pour se faire plaisir, qu'il faut se faire plaisir sans vivre au-dessus de ses moyens.
Pour ça, on ne va pas le priver de tout le confort qu'on peut lui apporter. Pour l'instant, vu son très jeune âge, on lui apprend surtout à dire merci. Par la suite, j'essaierai de lui expliquer que tous les enfants ne vivent pas la même vie, en France ou ailleurs. On se retiendra à chaque noël de ramener tout le magasin de jouets à la maison. On fera des transactions avec lui comme lui donner 3 euros pour passer la tondeuse. On lui donnera de l'argent de poche sans faire d'avance ni de crédit. Il y aura toujours une contrepartie à ses demandes. Je ne sais pas si ça suffira, je ne sais pas si on arrivera à en faire un être empathique et droit mais on fera tout ce qu'on pourra pour éviter qu'il devienne un gros con de bourge (coucou mes anciens camarades de la 3ème B ;-) ).

Et toi, comment tu as appris à ne pas devenir une bourge égoïste?

24 commentaires:

  1. Ahah! Ici pas de risque que Bébou ne devienne une bourge égoïste! Pas avec ce qu'on gagne!^^. Comme vous je n'ai pas roulé sur l'or enfant. Même si je n'ai manqué de rien j'ai souvent été moquée pour mes vêtements seconde (sixième) mains et mes chaussures sans marque. Mais ça m'a permis d'être inventive et créative pour faire du neuf avec du vieux... Bon... Après, j'espère pouvoir offrir suffisamment pour éviter que ma fille ne se fasse moquée comme je l'ai été avant elle.

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    1. MMmm...en y repensant, je crois que certains gros égoïstes sont de milieu tout à fait modeste...Moi, la pauvreté m'a surtout motivé à faire de longues études pour avoir un bon boulot et un gros salaire...Quelle naïveté :-/

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  2. En tant que fille de riches nouvellement pauvre (oui, c'est le cas inverse, moi :p) (devrait peut-être se rapprocher de la Suisse, nous...), si je peux te donner un conseil, c'est de ne pas tomber dans l'excès inverse. Mes parents ont voulu nous inculquer la valeur de l'argent (tout en vivant très confortablement eux-mêmes), et c'est une attitude qui ressemble beaucoup à de la radinerie, en fait. Mon mari qui vient d'une famille beaucoup plus modeste a été bien plus gâté dans son enfance que moi, et ça fait un peu bizarre.

    Comme dit Moi Pas Poule plus haut, Choupie ne risque pas de devenir une petite bourge vu ce qu'on gagne, donc c'est vrai que du coup, on est plutôt décomplexés sur la question. Elle ne manque ni de jouets, ni de livres (un peu de vêtements, juste, mais ça c'est plus parce que ce n'est pas notre truc) et elle aura tout ce qu'on pourra lui offrir, sachant qu'elle est notre priorité.

    Bref, ce que je veux dire, c'est que je sais que gagner beaucoup d'argent peut mettre mal à l'aise, surtout quand on vient d'un milieu moyen/modeste, mais restez quand même conscients que votre enfant (et votre entourage) sait que vous n'êtes pas pauvres et que coller parfaitement à votre parcours personnel avec lui peut vite devenir un peu ridicule. Par exemple, nous n'avons jamais fait de conduite accompagnée : mon père (médecin) qui s'est payé lui-même son permis considérait que nous devions faire pareil. Après avoir fait plus de cent heures de conduite, loupé quatre fois l'examen et dépensé des milliers d'euros dedans (qui venaient heureusement d'un héritage du côté de ma mère), j'avoue que je lui en veux un chouilla.

    Quant à la valeur de l'argent, ben c'est encore quelque chose d'assez flou pour moi. Je crois que justement, le fait qu'il y ait un décalage si évident entre ce que mes parents gagnaient et ce que nous on avait a complètement perturbé cette notion dans mon esprit.

    Donc ce que je dirais en fait, c'est surtout prudence ;) Ne pas vouloir en faire un petit bourge, c'est évidemment louable (et c'est vrai qu'il n'y a rien de plus insupportable !!), mais lui offrir ce que vous pouvez lui offrir de manière à ce qu'il ne se sente pas exclu de votre train de vie (et que ça ne le pénalise pas), c'est important aussi :)

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    1. J'attendais ton point de vue avec impatience car j'avais cru comprendre que tu avais fait plutôt le chemin inverse. Ce que tu dis me semble juste finalement. Ce n'est pas être un bon modèle que de "priver" notre enfant de tout le confort qu'on pourrait lui apporter. L'important serait plutôt de le couvrir de confort matériel tout en lui faisant réaliser que c'est une chance (mais j'ai peur de me retrouver à dire de trucs comme "moi à ton âge...").Enfin, l'important c'est plutôt de lui apporter notre amour hein...mais au-delà de ça lui offrir ce que je n'ai pas eu (le permis à 16 ans notamment ;-) )
      Merci pour ton éclairage ^^

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  3. On est expatrié et même si on ne roule pas sur l'or on a des moyens qui nous permettent de se faire plaisir. Mon fils a 13 ans et je suis très vigilante a ce qu'il comprenne que non une paire de basket a 130 euros par mois ça n'est pas la normale même si c'est ce qu'ont ses copains. Alors on parle, on discute, on impose des budgets a ne pas dépasser,... pour qu'il comprenne la valeur de l'argent. On insiste bien sur nos racines car nous aussi nous ne sommes pas nés dans la cuisine de Jupiter ! Je pense que c'est important de l'inculquer à nos enfants.

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    1. Le dialogue sera primordial tu as raison! Donner des limites c'est bien auss et objectif en plus. Merci de tes conseils :-)

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  4. Ton article est très intéressant !
    Mes parents sont issues de familles modestes et on bien réussi, ce qui leur a assuré un niveau de vie confortable (on partait en vacances tous les ans, on a beaucoup voyagė, manqué de rien, fait des études aux frais de papa/maman). Pourtant, j'ai conscience de ma chance et mesure la valeur de l'argent et du travail.
    Mon mari est d'un milieu légèrement plus modeste sans avoir à se plaindre. Il a maintenant un bon métier qui nous a permis d'acheter une maison et de faire des enfants sans se soucier de problème financier. Si je trouve un travail, on aura un niveau de vie aise (sans atteindre celui de mes parents) et j'ai l'espoir de pouvoir offrir à mes enfants les mêmes chances que nous.
    Tant que vous ne jetez pas l'argent par les fenêtres et que vous expliquez à vos enfants qu'ils ont une chance que tous n'ont pas, il n'y a pas de raison qu'ils ne comprennent pas ��
    (PS: pour Noël, vous pouvez aussi en profitez pour trier les jouets et donner avec lui ceux dont il ne sert plus)

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    1. J'ai dû être traumatisée par mes nobles camarades de 3ème B...Je crois avoir grandi avec cette (fausse) idée qu'un enfant qui a tout devient forcément un petit con.
      Merci pour ton témoignage ^^

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  5. Ah l'argent!
    Déjà je pense que les railleries à l'école prennent tous les prétextes. Je me souviens qu'une fille en 6eme m'avait dit que j'étais toujours habillée bizarrement.Ce jour là je portais une robe courte et un caleçon ce qui a l'époque où on n'appelait pas ça 'legging' était très avant gardiste XD Mais je crois aussi que c'était du catimini ...alors bon...
    Moi j'ai été très gâtée du côté de ma famille maternelle étant le premier bébé. Comme dit, j'avais des fringues de marques petite, maintenant qu'on est 12 cousins; c'est plus le cas. Mon père a très bien gagné sa vie a une époque mais me faisait bien comprendre le poids de l'argent. Me culpabilisant parce que j'achetais au supermarché un déo dove et pas super u...(je l'entends encore) Ma mère, qui gagne moins, m'a toujours fait de beaux cadeau, me fait des virements de temps en temps ... Bref mon père est radin et très culpabilisant par rapport à l'argent, mais ouh là, je suis en train de faire une psychanalyse dans ce commentaire, recentrons nous.
    Je pense que chez nous on est plutôt pauvres. Mon chéri est très mal payé et moi je suis à mi temps (donc payé à moitié d'un salaire déjà pas mirobolant). Je n'ai jamais payé d’impôt par exemple. Et pourtant on s'en sort bien. On rentre de vacances (ok chez nos parents, mais en avion quand même), on a un écran plat 3d, je ne m'inquiète jamais des fins de mois. On est plutôt économes tous les deux. Parfois je ne comprends pas certaines copines qui ont deux ou trois fois plus de salaires et qui se plaignent de fin de mois difficiles.
    Je pense que la valeur de l'argent ne dépend pas que du milieu d'où tu viens. Comme dit, il peut y avoir des riches très pingres et des pauvres qui vont s'endetter pour acheter la dernière console au gamin qui la réclame.
    Bon j'ai encore plein de choses à dire sur ma famille et ma belle famille mais faudrait pas non plus que je raconte toute ma vie sur ton blog ;) En tout cas c'est un sujet intéressant madame riche et propriétaire ;)

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    1. Mais siiii raconte moi touuuuut ;-)
      C'est vrai que si nous étions toujours pauvres, on lui offrirait tout sans se soucier des effets sur son éducation...Je pense pas être radine...mais j'avoue que j'ai du mal à dépenser pour "rien". Exemple concret, on pourrait mettre 15 000€ dans notre cuisine, bah je fais tout pour dépenser 10 000€ ou moins. Parce que je trouve que 10000€ c'est déjà un gros budget pour une cuisine puis aussi parce que je crains toujours que la roue tourne à notre désavantage cette fois-ci. Toi et Chat-Mille me mettez la puce à l'oreille...j'ai l'impression de devenir vos radins de parents!

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    2. Ah ben tant mieux, Parce que c'était notre but avec Chat Mille de te faire culpabiliser un peu ;)
      (Bon si ça t'aide, je trouve ma mère bien trop permissive avec mes demi frères qui sont bien trop gâtés mais c'est peut être de la jalousie)

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  6. ​Mon mari et moi venons tous les deux de famille "aisées" et le sommes nous mêmes, je viens donc compléter ta réflexion et celle de Chat-mille :) . Je pense que nous avons tout de même la valeur de l'argent. D'abord parce qu'il est toujours venu du travail (mes parents comme ceux de mon mari ont toujours beaucoup travaillé). Ensuite parce que dans mon enfance mes parents ne nous achetaient quand même pas "tout" on discutait de nos envies, ils nous demandaient d'en justifier le prix / le choix etc. Du coup moi ce que j'aimerais inculquer à Pierre c'est avant tout la valeur du travail et l'art de bien dépenser (par exemple des choses dont le mode de production est respectueux de l'environnement etc.).
    Après, au quotidien, en ce moment il est gâté c'est sûr mais je veille quand même à ce que ce ne soit pas trop : j'ai par exemple interdit à tout le monde (y compris à nous mêmes) de faire des cadeaux hors anniversaire / Noël / Pâques / fête patronale (oui on est riche ET catho ;) !). Pour qu​​'il sache ce que c'est de désirer quelque chose, de ne pas l'avoir immédiatement... Nous modérons aussi les grands parents en termes de quantité ​pour éviter les a​valanche​s de paquets.
    En fait je crois que je suis partie pour refaire spontanément comme mes parents ont toujours fait avec nous et ça semble avoir bien fonctionné - on nous a offert notre permis et notre première voiture pour reprendre l'exemple de Chat-mille et ​​ma soeur et moi​ sommes quand même toutes les deux des bosseuses​.​
    Et pour finir le récit de ton enfance me fait beaucoup de peine... :(

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    1. "on est riche ET catho" hahaha! Tu m'as fait rire! Je trouve ça courageux d'avouer que tu es riche et catho en plus! J'ai déjà eu du mal à écrire cet article de peur de me faire conspuer par les "non riches".Je ne veux pas étaler ma richesse mais c'est tellement tabou le fric...
      Bref! Je me rends compte que tous les enfants riches et gâtés ne sont pas devenus des gros cons...ouf!
      Oh ne t'inquiète pas pour moi, des milliers d'enfants vivent la même chose et s'on s'en sort très bien. Comme je le disais, la pauvreté matérielle ce n'est vraiment pas insurmontable quand on est dans un foyer aimant. Ce qui ne te tue pas hein... :-)

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  7. Je pense que ton enfant ne comprendra jamais ce que tu as vécu enfant... Mais est-ce grave? Je ne le pense pas. Avec ce que tu nous dis ici, je pense qu'il a de bonnes chances de comprendre qu'il est un privilègié.

    J'ai également été dans un collège ou il y avait beaucoup de "bourgeois aisés", je compatis^^

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    1. C'est con mais mes camarades de collège m'ont vraiment marqué! Comment peut-on vivre dans sa bulle au point de ne pas se rendre compte que non, tout le monde ne va pas au ski en hiver et au golf ou au cheval le mercredi. Après, si ça se trouve, ils sont très sympas aujourd'hui...sait-on jamais ^^
      Je pense que tu as raison, ce n'est finalement pas si grave. Il faut surtout lui faire comprendre sa chance.

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  8. Enfant, mes parents ne roulaient pas sur l'or mais ont pu nous donner le confort dont on avait besoin, avec quelques périodes de difficultés financières dont je me souviens très bien. Çà a donc été le yo-yo financièrement parlant, mais dès qu'ils le pouvaient, ils nous emmenaient pour de super vacances. Je me souviens donc d'une enfance pas trop difficile, mais pendant laquelle nous n'avions pas non plus de nouveaux jouets ou de nouveaux habits toutes les semaines. Aujourd'hui, avec mes deux enfants, je me retiens de ne pas leur donner tout ce qu'ils demandent justement pour qu'ils soient conscients que les nouveaux jouets, les super vacances, les nouveaux habits et chaussures ne tombent pas du ciel, comme çà, d'un claquement de doigts. Même si j'avoue que la tentation est grande de leur ramener tout le magasin de jouets à Noël, à leurs anniversaires, etc. Je crois qu'il y a chez nous un besoin de compenser les manques de notre enfance, et c'est là qu'il faut faire gaffe, si nous ne voulons pas avoir des enfants blasés, qui ne savent plus apprécier la valeur des choses et des petits plaisirs car ils ont absolument tout. J'ai appris à faire gaffe et à me retenir, mais il y a quelques années, j'ai vraiment exagéré surtout avec mon premier enfant.

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    1. C'est tout à fait ça! J'ai forcément envie de tout offrir à mon fils pour finalement combler le vide que j'ai connu. Lui faire plaisir oui mais tout en restant raisonnable et surtout en lui expliquant la chance qu'on a. Je crois que c'est comme ça qu'on va procéder ^^
      Merci pour ton témoignage.

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  9. pffff... tu poses une sacré question et je n'ai pas trop de réponse... On a nous même déjà trop l'habitude de leur acheter ce qu'il faut quand elles ont besoin sans attendre noël ou anniversaire...

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    1. Je crois que ce sujet me tient particulièrement à coeur parce que j'ai changé de "statut". Si j'avais toujours été riche ou si j'étais restée pauvre, je ne me poserais pas toutes ces questions. :-)

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  10. Je n'ai pas d'enfants, mais ton article fait bizarrement écho à ce qui m'arrive en ce moment ! J'ai eu une enfance très pauvre, et après mes études, j'ai connu le chômage pendant des années, vivant de mon AAH, et ce malgré tous les efforts que je déployais pour trouver un petit travail.
    Aujourd'hui j'en ai trouvé un (bon, ce n'est qu'un CDD mais quand même) et mon copain me soupire souvent, exaspéré, que maintenant que j'ai un salaire je peux me faire plaisir, m'acheter des livres ou renouveler des fringues que j'ai usés jusqu'à la moelle. Mais moi j'ai toujours mes réflexes de pauvre, à épargner le moindre sou et à reporter les achats d'essentiels (je n'ai pas grand chose de correct à me mettre ^^). Je me suis toujours demandé comment je réagirais si je devenais "riche" du jour au lendemain, si j'allais me transformer en folle dépensière ou non... je crois que j'ai un début de réponse, c'est plutôt l'inverse ! Si j'avais un gamin je ne pourrais pas ne pas lui enseigner la valeur de l'argent, ne serait-ce que par hommage à la petite fille que j'étais, à qui on faisait faire toutes les vitres (une dizaine, dont trois graaandes baies vitrées) pour 5 pauvres euros en lui disant "tiens, va t'acheter des bonbons ! Tu apprends la valeur de la vie en travaillant.". C'est en apprenant aux gamins aisés que rien n'est acquis que le monde changera et que les patrons qui ont toujours tout eu pourront comprendre pourquoi leurs employés râlent sur le SMIC !

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    1. Quand on vient d'un milieu modeste on garde sûrement un peu cette peur de trop dépenser et de mal dépenser. Ou bien peur que la source du revenu disparaisse et de ne pas avoir assez mis de côté pour faire face à des temps moins cléments. Je comprends tout à fait tes réflexes, j'ai toujours les mêmes en m'achetant toujours des fringues bon marché par exemple. Promis, quand la maison sera payée je me fringuerai aux galeries Lafayette XD

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  11. Bonjour, j'arrive un peu tard mais cet article m'interpelle aussi et je me permets d'ajouter mon histoire de pauvriche, ou plutôt richpauvre.
    Mes parents viennent de milieux assez différents et n'ont pas eu la même enfance, mais ils ont tous les deux appris assez rigoureusement la valeur de l'argent, et ils ont un peu tiré le diable par la queue au début de leur vie maritale. Après leur divorce, mon père a bien réussi financièrement, alors que ma mère galérait beaucoup, donc j'ai connu les deux. Avec papa, on ne regarde pas le prix au supermarché, avec maman on prend le produit tout en bas du rayon. Avec papa, on a chacun sa chambre dans une maison, avec maman je partage un grand lit avec ma soeur dans une colocation. Ça met les choses en perspective. Mais comme mon père a été sensibilisé à une certaine frugalité, on avait le cadeau (ou les 2 cadeaux) qu'on voulait à Noël, mais pas un milliard de choses à côté, on partait l'été dans la maison de vacances des grands-parents mais on n'allait pas au ski. Et comme c'était un papa qui n'y connaissait rien aux fringues, on avait des chaussures La Halle ou Carrefour. Ce qui fait que sans manquer d'argent, on est aussi passé pour les ploucs de la cour de récré, et que ça a été assez douloureux par moments (mais c'est une autre histoire). Par contre, il nous a payé nos études, nos livres et le permis de conduire, parce que pour lui ce n'était pas du superflu ; mais du coup on n'avait pas de budget : c'était "si tu as besoin d'argent tu me le dis". De cette façon, j'ai appris la culpabilité de dépenser pour le superficiel sans apprendre à gérer correctement l'argent.
    Je me permets de te conseiller de faire le contraire avec ton fils, bien sûr de lui expliquer que l'argent vient du travail, mais aussi de parler "chiffres" ouvertement avec lui, de lui apprendre tôt à penser en termes de budget, de lui dire qu'il peut vouloir quelque chose d'"inutile", mais qu'il doit réfléchir à ce qu'il n'aura pas en contrepartie (parce que, du coup, le truc "inutile", même pas très cher, je me le suis souvent interdit, sauf qu'inutile ne veut pas forcément dire pas important).
    Je ne doute pas que vous trouverez un fonctionnement qui conviendra à vos valeurs tout en permettant à votre fils d'être un petit garçon épanoui puis un homme lucide et responsable en matière de finances.

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  12. Je découvre ce blog (fort sympathique!) par ce billet. C'est une thématique très intéressante. Pour alimenter le sujet, je souhaite faire part de mon expérience. Venant d'un milieu aisé, il y a un autre gros risque : tomber dans les "amitiés" intéressées, en gros, avoir des copains et copines qui ne sont là que pour profiter des gros moyens que vous donnent vos parents. Je l'ai beaucoup vu dans mon entourage et une de mes cousines m'a avoué qu'à 30 ans passés, elle ne sait toujours pas qui sont ses vrais amis et ceux qui ne sont là que pour profiter de son train de vie (maison avec piscine payée par papa et maman, grosses fêtes à ses frais etc). J'ai vu beaucoup de jeunes filles de milieux aisés tomber dans cette ornière. Ce sont celles qui prêtent tout (ordinateur portable, voiture, appartement, vêtements de luxe...), qui invitent à tour de bras (grosses fêtes dans l'appartement d'étudiant immense payé par papa-maman, vacances de luxe avec la famille...), et qui finalement attirent toute une série de pique assiettes et de jaloux-méchants. J'ai vu 2 familles se faire cambrioler par des "amis" de leurs filles. J'ai vu des amies et des cousines entretenir des relations avec des jeunes hommes qui vivaient à leur crochets (le type qui reste 4 ans à jouer à la console dans la maison avec piscine de la fille offerte par les parents, pendant qu'elle travaille), se faire totalement abuser par un tas de personnes. Tout ça car elles ont une estime d'elles très basse et sont convaincues que sans leur argent, personne ne les aimera. Elles n'ont pas appris à être aimables autrement qu'en offrant de grosses réceptions ou en partageant leur confort.
    J'aurai pu être pareil. En 6ème, j'ai proposé de donner un balisto à une camarade de classe pour qu'elle m'accompagne sur le chemin du collège. Sa réaction a été cinglante : elle m'a fait un long discours sur le fait que l'amitié ne s'achetait pas, que mon comportement était inacceptable et que ce n'était pas comme ça que j'allais me faire de bons amis etc etc. Ca a été une sacrée claque psychologique sur le coup, mais merci encore à elle (et ses parents) pour ces belles valeurs qui font que je n'ai plus jamais cherché à acheter des "amis" et qu'aujourd'hui je n'ai pas d'amitié intéressée.
    Désolée pour la tartine, en résumé mon message est : n'oubliez pas de dire à vos enfants (de milieu aisé ou non) qu'il y a des choses qui ne s'achètent pas, que l'amitié et l'amour ne se marchandent jamais

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