7 mars 2016

La dépression de la mère au foyer qui veut travailler


Tout de suite les grands mots! "Dépression" quoi! Alors, je ne sais pas si je deviens vraiment dépressive au sens médical du terme, ce que je peux te dire c'est que je suis pas au mieux de ma forme là tout de suite.

J'ai (presque) tout pour être heureuse

J'ai un homme plutôt charmant qui gagne un salaire nous permettant d'être à l'abri, j'ai un fils tout à fait parfait, assez chiant mais parfait, on a le projet d'acheter une maison, de mettre en route le deuxième bébé à court terme...et pour couronner le tout, nous sommes tous les trois en parfaite santé! Non mais honnêtement, dans un tel contexte, pourquoi aurais-je besoin de trouver un boulot?
Je me dis qu'il est possible qu'une de mes lectrices soit dans la situation opposée, une maman (ou un papa) qui travaille, et qui rêverais de pouvoir rester à la maison pour s'occuper de ses enfants. Il est également possible qu'une lectrice soit une mère au foyer "choisie" et qu'elle ne comprenne pas pourquoi je veuille à tout prix travailler. 
C'est pas comme si je m'ennuyais à la maison! Même si Junior est gardé la journée, je suis finalement assez occupée: je recherche un boulot donc je scrute les annonces, je postule donc je remanie mon cv et lettre de motivation quasiment à chaque fois puis si je décroche un entretien, je m'entraîne pendant des jours pour parfaire ma présentation; je recherche une maison donc je scrute les annonces, j'essaye de retrouver par moi-même les maisons proposées par les agences pour éviter de passer par elles, j'appelle les agences quand je n'ai pas le choix, je visite et je tiens informés les agents ou proprios après; je gère l'intendance de la maison donc je fais le ménage, les lessives, le repassage, je paye les factures, je prépare les vacances; enfin, j'ai un blog donc j'écris et surtout je lis les billets des copines, je commente, je like, je retweete...
Tout cela n'est pas très productif dans le sens où je ne crée aucune richesse (et donc aucun revenu) mais pourtant, je suis fatiguée en fin de journée. Le hic c'est que je culpabilise d'être fatiguée à "ne rien faire". 

Et pourtant, je déprime.

Je pense que pour bien vivre son statut de mère au foyer il faut que cela soit choisi et non subi. Or, dans mon cas, il est bien subi. J'ai grandi avec une mère économiquement dépendante des hommes et je ne veux pas être cela. Je ne veux pas que mon fils pense que les mamans ça reste à la maison et que les papas ça travaille. Mon petit cœur de féministe me chuchote que je ne peux pas être une femme libre en dépendant du salaire de l'Homme.
Je suis une mère au foyer qui donne son enfant à garder à une nounou quatre jours par semaine depuis des mois. Si Chéri et moi on a décidé de mettre Junior chez la nounou quatre jours par semaine c'est pour que je sois sûre d'avoir une place à temps plein dès que je serais embauchée. Force est de constater que ça fait des mois qu'il est chez la nounou alors qu'il aurait pu rester avec moi à la maison. Bon, ok, je pense que je l'aurais mis un peu en crèche ou nounou un ou deux jours par semaine histoire qu'il voit d'autres enfants et que je souffle un peu. Malgré tout, je culpabilise à mort de laisser mon enfant à une tierce personne pour...ne rien faire. J'ai l'impression d'être le genre de mère à la carte qui choisit les moments où elle s'occupe de son enfant et où elle le fait garder pour vivre sa vie de femme égoïste avec des besoins égoïstes comme faire une sieste ou les courses de la semaine.
Enfin, je déprime quand je pense à ma "carrière" ou plutôt ma non-carrière. Depuis mon bac+5 en 2008 j'ai plus été au chômage qu'au travail. Aujourd'hui, à 30 ans, je me dis que je devrais avoir un "bon" poste, avoir un "bon" salaire, des opportunités pour monter en grade...la vérité est que je suis encore une débutante à 30 ans. Le poste où je suis restée le plus longtemps aura été pour mon alternance soit un an et demi. Je suis resté quinze mois à mon dernier poste que j'ai quitté en décembre...2013. Mon parcours est une catastrophe. J'ai l'impression que jamais je ne quitterais ce statut de "débutante", jamais. Autant te dire que quand je pense à la retraite, je ne vois pas comment je pourrais profiter de mes vieux jours à l'abri du besoin.

Dois-je épouser ce statut subi?

J'en ai marre de pleurer, de crier sur mon fils à la moindre contrariété, de ressembler de plus en plus à une bipolaire et donc à ma mère, de courir derrière un poste qui n'arrive pas. Et si la solution était d'accepter ce statut, de laisser tomber la recherche d'emploi et de consacrer mon énergie à mon fils, notre projet immobilier et, pourquoi pas, à un projet bébé?
Je suis dans le flou total. Je me dis que les potentiels employeurs ont peur que je cherche un boulot juste pour pouvoir partir en congé maternité (ce qui n'est pas forcément faux), je me dis que ce trou sur mon CV ne fait que grandir et ruiner mes chances de retrouver un job, je me dis que la priorité est de construire ma famille plutôt que ma carrière...D'un autre côté, j'en peux plus d'être chez moi, de ne pas avoir d'anecdotes à raconter le soir, de me faire bouffer par l'accumulation de déceptions et la démotivation, d'être dépendante du salaire de mon homme...
Finalement, je me dis que si j'avais su la galère qui m'attendait pour retrouver un boulot, j'aurais fait un deuxième bébé. J'ai l'impression d'avoir déjà perdu beaucoup de temps dans la construction de ma famille et qu'il serait bête de retrouver un job quelques mois avant de mettre un bébé en route. Sauf si je veux me "griller" pour retrouver un job après ce second bébé.


Persister? Combien de temps encore?


17 commentaires:

  1. Bon, pour commencer, je n'ai pas l'impression que tu fasses rien ...
    Après, c'est vrai que ce n'est pas évident en ce moment de trouver un emploi et je comprends ta frustration. Mes seules périodes de mère au foyer ont été mes deux congés maternité et je peux te dire que j'étais plus qu'heureuse de retourner au travail quand ils se sont terminés ! Je ne saurais que te conseiller, à part peut être de te poser une fois, de te demander ce qu'il convient et de prendre une décision (accepter, un temps la situation pour mener à bien tes projets immobilier et de deuxième enfant ou, au contraire, les mettre peut être de côté un certain temps pour trouver un emploi et te remettre dans le bain). Une fois que cette décision sera prise, tu iras sans doutes mieux.

    En tous cas, je te souhaite bon courage.

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    1. Non je ne fais pas rien....mais je perçois bien que le statut de mère au foyer est assez mal vu dans mon entourage proche et moins proche. Je pourrais argumenter si j'avais choisi ce statut mais là, je suis d'autant plus mal à l'aise.
      Il faut que je me pose oui...mon souci est qu'aujourd'hui je vais dire blanc et demain je dirais finalement noir pour redire blanc après demain. Je devrais sûrement faire ça par écrit, balancer les pours et les contres...affaire à suivre.
      Merci de ton soutien en tout cas ;-)

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  2. C'est dur ce que tu racontes... (inspirée par l'article sur le chômage des jeunes Sous Notre Toit ? ;) )
    J'ai été au chômage 4 mois seulement et déjà là, je trouvais cela difficile à vivre : je ne fais rien, même si je suis occupée presque toute la journée au fond, je ne produis rien de concret et je vis sur le dos des autres (bon moi c'était sur le dos de mon père vu que je venais seulement de finir mes études donc ça semblait plus "normal").
    La conclusion que tu tires est assez naturelle au fond parce que la société fonctionne comme ça : si tu n'apportes rien de concret, alors tu ne sers à rien. Mais ce n'est PAS la bonne conclusion !!! Si tu ne faisais pas tout ça, ton mari devrait le faire en plus de son travail.
    Si tu as envie de chercher du travail, si tu as l'impression que ça pourrait améliorer ta façon de te voir, ton estime de soi, doper tes journées etc. fais-le surtout !
    Est-ce que tu penses honnêtement que prendre un job dès que possible te grillerait pour la suite ? Je veux dire, si on dit que tu commences en avril, que les essais bébé durent 6 mois et qu'un congé mat' ne commence pas avant le 8e mois, ça te fait quand même presque 1 an et demi de boulot, c'est pas mal ça ;)
    Qu'est-ce que tu regretteras le plus, tu penses, disons dans 10 ans ? A quoi veux-tu que ta vie ressemble dans 10 ans ?

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    1. Que de bonnes questions tu poses là! Je ne saurais pas y répondre de façon nette et définitive...il faut que je bosse sur moi-même, ça sera un premier pas!

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  3. J´avais lu un de tes commentaires sur le sujet sur SNT et j´ai senti que le moral n´était pas au top :( . Donc pour commencer, plein de calins pour toi. Ensuite j´ai envie de te dire pour commencer que je te comprends vraiment mais que je ne pense pas que tu aies raison de culpabiliser. Tu subis une situation que tu n´as jamais voulue... Concernant tes projets ce n´est pas facile de te conseiller sachant que je ne connais pas cette situation. Mais spontanément j´ai eu l´idée suivante : pourquoi ne pas t´engager à fond dans une association OU un poste purement alimentaire (serveuse par exemple) en attendant la concrétisation de tes projets privés ? J´ai déjà fait un peu de recrutement et je n´ai jamais dévalorisé ce type de démarches qui prouve au contraire une grande énergie et une envie de "faire". Par ailleurs, ca te laisse la possibilité de poursuivre tes objectifs privés, que je n´aurais pas envie de repousser pour un éventuel poste pas encore là. D´autant plus qu´en effet, les recruteurs savent bien ce que mariée 1 enfant veut dire (que le deuxième va suivre). Enfin, ca te permettrait je pense de te sortir de ta routine et donc de ta déprime ! Et puis ca te permettrait de te creer un petit réseau de connaissances alsaciennes et ca marche aussi comme ca, la recherche d´emploi ! Qu´en penses-tu ?

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    1. Il faut que je retrouve mon com sur SNT dis donc! Je ne pensais pas que mon amertume ressortait autant.
      Tu utilises les bons mots, "l'envie de faire", c'est exactement ça! Faire quelque chose d'autre, quelque chose de reconnu par mon entourage et qui me fait sentir utile. L'associatif m'attire mais je t'avoue que je cherche plutôt un job rémunéré histoire de "vraiment" travailler aux yeux de tous. Je garde l'associatif pour mes vieux jours ^^
      Merci de tes câlins virtuels et encouragements :-*

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  4. Franchement, je lis les 3 com' précédents et je me dis que vais-je pouvoir dire de plus et surtout de mieux ?
    Effectivement, je crois qu'il serait bon que tu te poses quelques heures et que tu te demandes, ce que tu veux vraiment indépendamment de tout ce que la société, les recruteurs peuvent penser. Tu peux jouer le truc à pile ou face, si t'es désespérée, mais c'est risqué^^.
    Si trouver un boulot te semble impératif, l'idée de faire autre chose que ce qui te plait me semble pas mal, je te vois bien agent immobilier ;) (sans rire) En plus tu pourrais l'être en indépendant pour commencer si tu trouves pas d'agence... et vu que t'as le nez dans les annonces.
    Sinon, tu peux pas savoir à quel point je te comprends: le fait de ne pas être indépendante financièrement et plein d'autres choses encore, liées à l'enfance entre autres.
    Bref, je te soutiens et n'hésite pas à nous, à me solliciter si tu te sens perdue :)
    Bisous <3

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    1. Ha ha, tu essaies de l'attirer vers le dark side l'immobilier, les terribles agences :D

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    2. Bah quoi Elodie PLazza ça sonne bien^^

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    3. Effectivement, les commentaires précédents sont utiles et déjà bien argumentés ^^ Se poser les bonnes questions, ce que je veux vraiment faire ou pas...il faut que je prenne le temps de mener ma grande réflexion.
      Agent immo je pourrais le faire, je peux même ouvrir mon agence madame! Mais je ne suis pas sûre que les personnes honnêtes aient leur place dans ce domaine ;-)

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  5. C'est drôle que tout le monde ait pensé à Sous Notre Toit. Moi, pas du tout (et pourtant, je serais quand même bien placée :p). J'ai pensé à la polémique du moment : "Est-ce que mère au foyer est un métier ?" (on en a un peu parlé sur Dans Ma Tribu, mais le vrai débat est parti d'un autre blog) Avec toutes les réflexions sur la liberté, l'indépendance, les compétences...

    Moi, comme tu le sais, ben je travaille, après avoir été plus d'un an mère au foyer. Clairement, je préfère travailler. Je déprime et m'ennuie beaucoup moins. Donc je comprends ! Mais j'ai un mi-temps, et donc théoriquement, pas mal de temps "libre", et ça me va ! Je trouve que quand on a les moyens (bon, nous, on a moyennement les moyens, mais bon, on se débrouille quand même ;)), c'est un bon compromis !

    Après, pour ce qui est de l'indépendance, ben moi qui travaille, je suis quand même dépendante de mon mari, puisque je gagne moitié moins que lui et qu'on n'aurait pas le même niveau de vie s'il gagnait autant que moi. Donc pour moi, le couple, c'est de toute façon une mise en commun des ressources (financières et autres) et si les deux parties ne sont pas trop feignantes, chacune fait une part utile, qu'il épargne à l'autre.

    Tu t'occupes de ta maison, de ton enfant quand il est pas chez sa nounou, tu cherches du travail, ce qui est un travail à part entière (bon, pour le coup, un peu moins que mère au foyer). Tu n'as rien à te reprocher.

    Après, je comprends que ce soit très dur, de subir cette situation. Courage ! Ça ne peut qu'aller mieux ! (et puis tu pourras toujours dire que le trou dans ton CV, c'était volontaire, pour élever tes enfants, et que maintenant, ben boulot boulot, tu es super motivée :))

    PS : Les courses de la semaine ? Une activité égoïste ? Regarder une série, aller chez l'esthéticienne, faire du shopping, ouais, peut-être (et encore, le divertissement, c'est aussi important), mais les courses, sérieux ? :p

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    1. Oui, le temps partiel c'est vrai que c'est alléchant...mais je t'avoue que travailler beaucoup dans un truc qui me plaît à fond m'attirerait aussi...peut-être...je sais pas...
      Pour ce qui est de la dépendance c'est surtout en cas de séparation que j'y pense. Dans l'absolu je m'en fou un peu de ne pas gagner autant que mon homme mais s'il se barre, c'est la merde...en plus on est même pas mariés! La honte ^^

      Je déconnais pour les courses lol

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  6. Je crois que tu subis le dilemme de la femme moderne. Mais sii.. tu sais celui qui découle du fait que tu dois être une femme parfaite working girl accomplie, mère épanouie, femme sexy et que sais-je encore. On subit une grosse pression nous autre les meufs... Alors, alors lâche la pression et arrête de te soucier du regard des autres. Si tu as besoin de faire garder ton fils, laisse-le à la nounou (c'est pas parce que tu l'y met que tu n'es pas une bonne mère, n'est pas assistante maternelle qui veut). Si tu as envie de travailler, trouve un job (n'importe lequel, y a pas de sot métier). Si tu as envie de faire un deuz', fait-le. Et si quelqu'un trouve à redire, emmerde-le! Je sais c'est facile à dire, moi-même j'ai été au chômage... et j'ai été une loque. Mais c'est un bon conseil, quand même^^.

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    1. Ahahahaha oui, faut que je me lance...mais il faut que je sache dans quoi me lancer d'abord! Je trouve qu'on a pas franchement de soutien quand on est un chômeur dans un groupe d'actifs occupés...
      Merci de tes conseils en tout cas!

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  7. Mais ouiii! Tu culpabilises trop!
    Comme dit plus haut, peut être trouver un boulot "alimentaire", à mi-temps même, et occuper ainsi tes mains et ton esprit, et te décharger du poids de cette impression de ne servir à rien.
    Pourtant tu ne fais pas "rien", tu fais beaucoup pour ton foyer et ce n'est pas parce que tu es chez toi que tu n'es pas utile. Ce blog aussi il sert, à toi pour ne pas perdre le contact et à nous tes lectrices, pour la même raison, et pour se retrouver, nous, mères, femmes, nous dire que nous ne sommes pas seules.

    Mais essaye quand même "d'accepter" ta situation actuelle, pour ne pas reporter tes frustrations sur les tiens, dis-toi que ce n'est qu'une histoire de mauvais timing. Et ne calcule plus, si vous avez envie d'un second, alors faites-le!
    Tu le dis toi-même au début de ton billet, tu as une chouette vie, même si tu ne peux pas cocher toutes les cases pour l'instant c'est pas grave (et ça ne serait pas drôle sinon). Alors respire profondément...et souris ! (et ne me traite pas de hippie!)
    Et si tu as des envies de papoter ou quoi que ce soit...coucou! :)

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    1. Mais oui je culpabilise! Je culpabilise même de culpabiliser! J'aimerais ne pas me sentir écraser par cette culpabilité et être plus détendue mais en ce moment je suis un peu dans le creux de la vague...mais ça va aller hein!? :-*

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  8. Sa ne pourra qu'aller en s'améliorant mais après c'est vrai qu'il y à tout les facteurs pour être bien et heureux dans ta vie.

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