28 août 2016

La valeur de l'argent



Cela fait des années que l'Homme et moi nous avons basculé du côté obscur des biens-portants. Depuis qu'il a un job en Suisse plus précisément. Nous sommes passés respectivement de fils de classes moyennes et de fille de RMIste/cotorep à la classe "on-ne-regarde-plus-les-prix-au-super-u".
Je pense que la question de l'argent en général est taboue en France mais elle me met également dans une situation désagréable en tant qu'ex-pauvre. Comme si être "riche" était un méfait. Puis, avec tout ça, il faut que j'arrive à inculquer la valeur de l'argent à mon fils pour qu'il ne pense pas que tout tombe toujours tout cuit dans l'assiette et que ça sera comme ça jusqu'à la fin de sa vie. Mais reprenons du début...

12 juin 2016

Mon chemin vers l'éducation bienveillante.



La question de l'éducation bienveillante/positive fait débat au sein de la blogosphère et de la sphère parentale. D'ailleurs, cela fait aussi débat chez les non-parents chez qui le fait de ne pas avoir d'enfant n'empêche pas d'avoir un avis sur la question et de le donner de surcroît.
Les "non-bienveillants" se sentent dénigrés par les "bienveillants" qui se sentent investis d'une mission divine. Ce billet n'a pas pour but d'engendrer des réactions anti ou pro mais de vous expliquer MON expérience. Pourquoi j'ai choisi de m'engager dans cette voie. Je ne dis pas qu'il faut faire comme çi ou comme ça, je dis ce qu'il ME CONVIENT à moi. Je ne juge pas ceux et celles qui ne font pas comme moi. Je suis juste triste pour leurs enfants qui certes, seront probablement "en vie" mais pas forcément heureux. Pour autant, je ne me sens pas SUPÉRIEURE à eux, j'explique juste mon cheminement d'ancienne enfant à la mère que je suis devenue.

Moi, ex-petite fille

J'ai connu les fessées parfois déculottées, j'ai connu les gifles (appelons ça des tartes dans la gueule), j'ai connu les humiliations, les dés-encouragements, les "tu sais rien faire", "t'es bonne à rien", "t'as encore grossi"...Alors, certes, je n'en suis pas morte mais être vivante ne signifie pas être bien pour autant. Le but de l'éducation parentale serait donc là: avoir un enfant en vie et qui dit merci. Pas un enfant qui va bien, qui se sent bien, qui parle de ses soucis à ses parents car il sait qu'ils seront toujours là pour lui, car ils l'aiment peu importe ce qu'il fasse ou devienne. Non, l'éducation parentale aurait pour but d'éduquer un enfant comme on dresse un chien. Dis merci/bonjour/au revoir, sois calme, ne bouge pas, ne crie pas sinon tu t'en prends une.
Le fait que les médias parlent régulièrement de cette éducation alternative m'a permis de comprendre que certaines de mes faiblesses, mes propres comportements et réactions s'expliquaient par mon éducation et mon passé en tant qu'enfant. L'éducation bienveillante oblige les parents à se remettre eux-mêmes en question, à plonger dans leur enfance parfois douloureuse, à faire un travail sur soi, à se demander pourquoi on a envie de mettre une tarte dans la tête de l'être qui nous est le plus cher. C'est sans doute pour cela que certains dénigrent cette "mode", pour ne pas avoir à se poser trop de question, à remuer le passé. Une sorte de mécanisme de protection j'imagine.

29 mai 2016

Fête des mères, sexisme et hypocrisie.



Ne te laisse pas impressionner par mon titre pompeux, je vais écrire un article plutôt léger sur le buzz des derniers jours: le sexisme dans les pubs pour la fête des mères. Je suis féministe, je défends toujours la cause des Femmes, je suis pour l'équité des sexes, le partage des tâches ménagères, l'égalité des salaires, la non-discrimination et tout le reste...mais parfois je trouve que tout ça va trop loin. Accuser les enseignes de sexisme parce qu'elles "proposent" d'acheter aspirateur et autre robot-ménager à sa Môman c'est un peu hypocrite non? 
Qui de la pub ou de la meuf a été la première sexiste? Les pubs sont-elles à l'origine du sexisme ordinaire ou le sexisme ordinaire est-il à l'origine des pubs sexistes? Est-ce la société qui est sexiste parce que les pubs sont sexistes ou bien est-ce parce que la société est sexiste que les pubs le sont aussi? Moi qui d'habitude démarre au quart de tour pour défendre l'intérêt des humains porteurs de vagins, là j'ai d'abord réfléchis (un peu). Une fois n'est pas coutume.

15 mai 2016

Le meilleur moment de la journée



En seulement deux ans, Junior et moi on a établit, répété, modifié tout un tas de rituels: les tétées, les couchers, les repas, le bain, le départ chez Nounou... Sans s'en rendre compte, tout moment de la journée ou presque se déroule généralement de la même manière. On se lave les dents avant le coucher du soir, on quitte les chaussures en rentrant de chez Nounou, on met une couche-culotte taille 5 pour la nuit...
En tant que nouvelle working mum, j'aurais pu te dire que le meilleur moment de la journée est le moment où Junior s'endort pour la nuit. En fait, c'est plutôt le contraire. Depuis que je travaille, que je suis donc moins à la maison et que donc je vois moins mon fils, le biberon du matin est devenu le meilleur moment de ma journée.

Moi qui ne suis pas du matin, moi qui ai besoin de cinq réveils pour émerger, moi qui dois courir tous les matins pour partir à peu près à l'heure pour le boulot, je découvre le plaisir de m'installer sur le canapé, à moitié habillée à moitié en pyjama, de prendre mon fils encore en pyjama sur les genoux et de lui donner le biberon comme quand il était encore tout petit.
Ce moment est très court. Trop court comme toujours. A peine cinq minutes qui se déroulent toujours de la même manière. J'arrive dans le salon avec Junior dans les bras. J'ai préparé le biberon qui attend déjà Junior sur le canapé. Je m’assoit. A la vue du "bibi", Junior enlève sa sucette et la pose "délicatement" sur le canapé. Je lui mets son bavoir, décapsule le biberon et lui donne. Junior ingurgite son biberon bien calé sur moi.
Les premiers jours de travail, c'est à ce moment où je pleurais. Culpabilisant de le laisser dix heures par jour chez la Nounou. Culpabilisant d'avoir une réunion le soir et de ne probablement arriver qu'après son coucher. Aujourd'hui, je profite pleinement de ce moment. Je respire à plein poumon l'odeur de ses cheveux. Je lui caresse ses petites mains, ses petits pieds, ses joues... Je "bisoute" tout ce qui m'est accessible à savoir sa joue droite et le dessus de sa tête. Parfois, on se regarde dans le blanc des yeux. D'autres fois, je lui chante même une comptine avec une large préférence pour "un petit têtard tout rond dans sa mare, tourne, tourne..."

A peine le temps de profiter de lui que cet instant moelleux se termine en même temps que Junior prend la dernière gorgée de lait. Ensuite, toujours le même manège: récupération de la sucette, dépose de bavoir et Junior repart dans sa chambre pour me ramener ses chaussons que j'oublie de lui mettre chaque matin.
S'en suit une agitation bizarre où le temps passe douze fois plus vite et où je fais des allers-retours entre la salle de bains, ma chambre et le salon afin de finir de m'habiller, de me maquiller un minimum, de préparer mon en-cas pour le déjeuner et le sac pour chez la Nounou. Entre temps, Papa habille Junior et le chausse parce qu'il voit bien que je suis à la bourre, comme d'hab. Une fois tout le monde prêt, Junior et moi descendons au garage et en route pour chez la Nounou. Là-bas, un très bref échange avec la Nounou, un gros bisous à Junior et direction le boulot.

Le soir, je récupère Junior à 18h30 (si j'ai pas de réunions), je suis chez moi vers 18h40. Le temps de souffler cinq minutes qu'il est l'heure du dîner pour Junior. S'en suit le rituel du soir largement moins cool que celui du matin étant donné qu'un Junior fatigué est beaucoup moins coopératif que le matin. La soirée passe à toute allure. Comme chez toute working mum probablement.

Ça peut paraître bizarre mais je crois que ce tout petit moment matinal à nous deux me permet de recharger ma batterie pour la journée à venir.

18 avr. 2016

Ma première semaine de travail après deux ans au foyer



Le grand jour est enfin arrivé! Lundi dernier, je reprenais le travail après deux ans à la maison. Ce travail que je n'ai même pas été ravie de décrocher. Une clientèle remontée contre ma future entreprise (agence immobilière) qui allait m'accueillir "comme il se doit" pour un salaire de misère ou presque (un peu plus de 1400€ net par mois si tu veux tout savoir).

Arrivée dans une nouvelle entreprise...

Première crainte: intégrer une entreprise que je ne connais pas. Pour être franche, les deux dernières agences immobilières où j'ai bossé ne m'ont pas apporté que des bons souvenirs...Qu'est-ce qui m'attend cette fois-ci? Qui seront mes collègues? De vieux cons sexistes? Des vieilles filles aigries? Des jeunes aux dents très longues?
En bonus, mon patron m'apprend qu'il a annoncé à mes futurs collègues que j'avais trois ans d’expérience en tant que gestionnaire de copropriétés. Or, j'ai bien trois ans d'expérience...mais en tant qu'assistante seulement. Je dois donc faire illusion face aux clients (les copropriétaires des immeubles que je gère) mais aussi face à mes collègues. Impossible pour moi de poser trop de questions sur comment faire vu que je suis censée savoir faire...